Lors d’un panel consacré au reporting extra-financier, Karen Basiye, Chief Sustainability Officer chez Safaricom, a livré un témoignage sans concession sur les résistances rencontrées en interne pour faire reconnaître la durabilité comme un pilier stratégique. Elle a défendu une approche intégrée, ancrée dans la pratique, avec des indicateurs alignés à la fois sur la réalité du terrain et les ambitions à long terme.
La session dédiée à l’évolution de la gouvernance a mis en lumière le concept de « Boardroom of Tomorrow », avec un appel à faire évoluer les critères de pilotage stratégique au-delà des performances financières. Diversité, transparence et engagement envers les parties prenantes ont été identifiés comme des leviers indispensables pour une gouvernance durable.
Enfin, un panel sur la finance durable a souligné le rôle central des investissements dans la transformation des modèles économiques. Animée par des acteurs du secteur financier opérant dans la région, la discussion a mis en évidence les conditions à réunir pour positionner Maurice comme un hub d’investissement à impact en Afrique. Les intervenants ont évoqué l’émergence de nouveaux instruments financiers, la montée en puissance des critères ESG dans les stratégies de portefeuille, ainsi que la nécessité d’aligner les flux de capitaux avec les priorités climatiques, sociales et les limites planétaires.
En clôture de cette première édition du RBS25, Philippe Espitalier-Noël, Chief Executive Officer de Rogers et Président de la Commission Durabilité et Inclusion de Business Mauritius, a pris la parole pour revenir sur les principaux enseignements du sommet et inviter à une collaboration durable entre entreprises, institutions et société civile. « Les études, rapports et initiatives sur les risques climatiques, l’économie circulaire et les pratiques commerciales durables ne manquent pas. Pourtant, sans une vision commune – qui relie les secteurs, aligne les priorités, mobilise toutes les composantes de la société, et encourage une vraie coopération – nos avancées collectives resteront fragmentées et lentes. » Il a également souligné que « dans un modèle d’exemplarité et avec de bonnes intentions, Maurice a l’opportunité de se positionner en matière de développement durable dans l’océan Indien et en Afrique. » Et de conclure, avec conviction : « Le temps des conversations confortables est révolu. Ce qui nous attend ne concerne pas les engagements, mais leur mise en œuvre. Le RBS25 a mis une chose en évidence : l’avenir de Maurice dépend de notre capacité à aller au-delà des discours et à passer à une action tangible, ambitieuse et unifiée. »
Le Responsible Business Summit 2025 ne s’arrête pas à ces deux journées de discussions : des groupes de travail seront mis en place avec la collaboration de Business Mauritius pour traduire les réflexions en actions concrètes. L’ambition est claire : faire émerger un cadre d’action structuré, pragmatique et adapté aux réalités du contexte mauricien, mais surtout, agir ensemble.