Il est bien entendu important de chercher à créer de nouvelles opportunités, mais je pense qu’il est critique de continuer à renforcer les fondamentaux qui font fonctionner notre économie.
C’est cela, pour moi, le “back to basics”. Ce n’est pas un retour en arrière, ni un manque d’ambition. C’est une approche pragmatique. Maurice a toujours su avancer en s’ouvrant au monde, en s’adaptant et en construisant avec d’autres. Mais chaque nouvelle étape demande une base solide. Ce Budget pourrait aider à poser cette base.
Les attentes sont concrètes. Le Budget doit soutenir la compétitivité du pays, tout en tenant compte du pouvoir d’achat, de l’emploi et des perspectives pour les jeunes. Une économie en bonne santé ne se mesure pas seulement à sa croissance. Elle se mesure aussi à sa capacité à créer de la confiance et à permettre au plus grand nombre de se projeter.
La première priorité concerne nos infrastructures stratégiques et notre connectivité. Pour une île, être bien connectée au monde est essentiel. Le port, l’aéroport, la logistique, les capacités de stockage et les services liés aux échanges influencent directement le coût des importations, la fluidité des exportations, le tourisme, les affaires et l’attractivité du pays.
Ce lien entre infrastructure et vie quotidienne est souvent sous-estimé. Quand les échanges sont plus efficaces, c’est toute l’économie qui respire mieux – et ce sont les ménages qui en bénéficient en premier. Investir dans ces leviers, c’est investir dans la compétitivité du pays et dans le pouvoir d’achat de chaque Mauricien.
La deuxième priorité est l’énergie. Il faut poursuivre ce qui est déjà engagé, pour assurer au pays une énergie fiable, disponible, compétitive et plus durable. Ce n’est pas seulement une question environnementale. C’est une question de compétitivité industrielle, de transformation digitale et de résilience face aux chocs extérieurs.
Pour une entreprise, la maîtrise du coût de l’énergie est un facteur d’investissement. Pour un ménage, c’est une pression directe sur le budget. Les deux réalités sont liées et méritent d’être adressées ensemble.
Ces fondamentaux sont directement liés à la troisième priorité : l’ouverture intelligente et structurée de notre économie. Maurice ne peut pas construire sa prochaine étape seule. Nous avons besoin d’attirer davantage de capitaux, de compétences, d’entrepreneurs, et de partenaires qui choisissent notre territoire pour investir, créer de l’activité, employer, et contribuer à l’économie réelle.
Cette ouverture se construit, collectivement, en offrant des conditions d’accueil claires, une fiscalité lisible et une qualité de vie qui justifie le choix de Maurice face à d’autres destinations. C’est ce travail commun qui transforme une intention en un flux réel d’investissement.
La quatrième priorité – et peut-être la plus structurante – est la cohérence dans l’exécution et la capacité à créer un vrai momentum face à un environnement incertain qui nous oblige à être agile. Les infrastructures, l’énergie, la fiscalité, l’investissement, l’immigration, la formation et les besoins des entreprises doivent être pensés ensemble. C’est lorsque ces politiques avancent de manière coordonnée que leur impact est démultiplié.
Cela suppose de renforcer le partenariat entre le secteur public et le secteur privé. Ce partenariat a toujours été au cœur du modèle mauricien. C’est précisément ce qui a permis à Maurice de se réinventer à chaque tournant. Et c’est ce qui nous permettra de le faire encore.
Maurice a prouvé par le passé qu’elle savait avancer rapidement quand l’ensemble des acteurs œuvraient dans la même direction. Ce Budget est l’occasion de réaffirmer cette capacité collective.
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