Créer des ponts

11/03/2026

Dans une tribune intitulée « Créer des ponts », Arnaud Lagesse, CEO du Groupe IBL, revient sur le rôle des entreprises mauriciennes dans le développement économique du pays depuis l’Indépendance. Il souligne que la réussite de Maurice repose sur une coopération étroite entre l’État, les entreprises et la société civile, ainsi que sur l’ouverture internationale.

À travers ses activités et ses investissements, IBL contribue à cette dynamique dans plusieurs secteurs clés : la distribution avec Winners, la construction et les infrastructures avec UBP, ainsi que le tourisme avec Lux Resorts & Hotels, qui participent au rayonnement international de la destination mauricienne.

Arnaud Lagesse insiste également sur la responsabilité des entreprises de soutenir la création d’opportunités, l’entrepreneuriat et l’innovation afin d’encourager les jeunes Mauriciens à construire leur avenir dans le pays. Il appelle enfin à préserver l’ouverture et la collaboration pour renforcer la résilience économique et poursuivre le développement de Maurice.

Chaque année, le 12 mars est l’occasion de célébrer le chemin parcouru depuis l’Indépendance. Mais dans un monde marqué par des transformations rapides – géopolitiques, technologiques et énergétiques – cette date nous invite aussi à regarder vers l’avenir et à réfléchir à ce que pourrait être une Île Maurice 2.0 capable d’inspirer ses jeunes, d’attirer des talents et de continuer à séduire les investisseurs internationaux. 

Dans ce contexte en mouvement permanent, la question qui se pose à Maurice est finalement proche de celle qui se posait en 1968. Comment un petit territoire insulaire comme le nôtre, sans ressources naturelles, peut-il continuer à construire sa prospérité dans un monde en perpétuel mouvement ? Comment notre pays peut-il continuer à exister sur la scène internationale et/ou régionale, entouré de puissances étrangères aux ambitions souvent hégémoniques ?

Je suis convaincu que nous avons une partie de la réponse et ce grâce à notre expérience et à notre vécu. Depuis l’Indépendance, Maurice a démontré qu’un petit pays peut bâtir un modèle de développement solide lorsqu’il s’appuie sur quelques forces essentielles : une vision collective, un esprit entrepreneurial dynamique et une coopération étroite entre l’État, les entreprises et la société civile. C’est cette capacité à avancer ensemble qui a permis au pays de construire un cadre politique et économique stable et d’attirer de nouvelles opportunités. 

Aujourd’hui encore, cette coopération reste essentielle. Face aux défis grandissants du monde contemporain, c’est en conjuguant les forces de l’État, des entreprises, des Institutions et de la société civile que Maurice pourra continuer à progresser. Et surtout de se réinventer. 

Dans ce paysage, les grandes entreprises mauriciennes ont une responsabilité particulière. En tant que Group CEO du premier conglomérat du pays, je peux dire que mon équipe dirigeante et moi sommes pleinement conscients du rôle que joue le groupe IBL dans l’économie nationale. 

Derrière les activités et les investissements, il y a avant tout une communauté de femmes et d’hommes : des partenaires, des entrepreneurs, des fournisseurs qui grandissent avec nous, des clients qui nous font confiance, et surtout plus de 19,500 collaborateurs et leurs familles sur le territoire mauricien.  

Être une entreprise de cette taille implique une responsabilité qui dépasse les simples résultats financiers. Il s’agit surtout, pour nous, de contribuer au développement des compétences, à la création d’opportunités et à la solidité de l’économie nationale. 

Dans la distribution, des enseignes comme Winners participent à l’évolution du commerce moderne à Maurice. Dans la construction, UBP contribue depuis longtemps au développement des infrastructures et des projets immobiliers du pays. Dans le tourisme, LUX* Resorts & Hotels participe au rayonnement international de Maurice comme destination de qualité. Dans le secteur Seafood, les activités du groupe participent au développement de l’économie maritime et au positionnement de Maurice comme plateforme régionale dans l’océan Indien.

Ces trajectoires illustrent une réalité simple : au fil des décennies, le développement des entreprises mauriciennes et celui du pays se sont construits ensemble. 

Dans ce contexte, l’ouverture internationale reste essentielle. Maurice a toujours été un carrefour d’échanges et de commerce. Dans un monde interconnecté, notre capacité à créer des ponts économiques et humains entre différentes régions constitue une véritable force stratégique. 

Si nous voulons continuer à élargir nos perspectives, nous devons continuer à regarder au-delà de nos frontières et de renforcer nos liens avec la région et avec le monde.  

C’est dans cet esprit que certaines entreprises mauriciennes, dont IBL, développent aujourd’hui leur présence dans la région de l’océan Indien et en Afrique de l’Est. 

Cette dynamique n’est pas une rupture avec nos racines. Elle en est plutôt le prolongement naturel. Lorsque des entreprises mauriciennes se développent à l’international, elles contribuent aussi au rayonnement économique du pays et à la fierté d’être mauricien. 

Mais dans cette ouverture au monde, un équilibre doit toutefois être préservé. Maurice a toujours su accueillir talents, investisseurs et partenaires internationaux, et cette ouverture a largement contribué à notre développement. Mais elle ne doit jamais se faire au détriment de la capacité des Mauriciens à se projeter dans leur propre pays. 

Aujourd’hui, l’un des défis que nous devons regarder avec lucidité est celui du départ – ou du non-retour – d’une partie de nos jeunes talents. Beaucoup de jeunes Mauriciens partent étudier ou travailler à l’étranger, acquérir de nouvelles compétences et découvrir d’autres horizons. Cette ouverture est une richesse. 

Mais nombre d’entre eux hésitent ensuite à revenir. Certains ont le sentiment que les opportunités de carrière peuvent être limitées à Maurice. D’autres s’inquiètent du coût de la vie ou de l’accès à la propriété.  D’autres encore expriment des inquiétudes liées à l’environnement social ou à la sécurité.  

Ces préoccupations existent. Elles méritent d’être abordées avec sérieux et lucidité.  

Je pense sincèrement que la réussite d’un pays ne se mesure pas seulement à ses indicateurs économiques. Elle se mesure aussi à sa capacité à offrir à ses citoyens la possibilité de construire leur avenir chez eux, avec confiance et dans la durée. 

Donner envie aux jeunes Mauriciens de revenir – ou de rester – constitue l’un des grands enjeux de la prochaine étape de notre développement. Cela suppose de continuer à créer des opportunités professionnelles ambitieuses, de soutenir l’entrepreneuriat et d’investir dans l’innovation. 

Les générations qui nous ont précédés ont su transformer les contraintes d’une petite île en opportunités économiques et bâtir un pays où il fait bon vivre. Elles ont bâti les fondations du Maurice moderne. Notre responsabilité aujourd’hui est de poursuivre cet élan afin que chacun puisse y trouver sa place.  

Dans un monde de plus en plus incertain, Maurice possède un avantage précieux : le courage et l’intelligence de son peuple. Préservons cet atout et continuons à construire ensemble l’ile Maurice de demain.  

À l’occasion de cette célébration de l’Indépendance, je reste profondément confiant dans la capacité de notre pays à relever les défis de demain. Cela suppose de continuer à privilégier le dialogue, la concertation et l’ouverture d’esprit.   

Pour le groupe IBL, une chose demeure claire : nous continuerons à être un acteur engagé du paysage socio-économique mauricien tout en regardant au-delà de l’horizon.    

En ce jour de fête nationale, célébrons avec fierté le chemin parcouru et regardons l’avenir avec confiance et responsabilité.  

Vive la République de Maurice et très belle fête de l’Indépendance à tous les Mauriciens. 

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