Pourquoi l’intégration est le vrai travail de toute acquisition.
L’acquisition de Seychelles Breweries par Phoenix Beverages Ltd (PBL) n’a pas été un pas soudain vers un nouveau marché. À l’inverse, cette opération s’est inscrite dans une trajectoire construite par l’entreprise depuis plusieurs années. Le but : passer d’une structure mauricienne avec des intérêts régionaux à un véritable groupe de l’océan Indien.
Le dossier de Seychelles Breweries était d’emblée convaincant. Il s’agit d’une entreprise résiliente, ancrée dans une économie portée par le tourisme, avec une classe moyenne en pleine croissance et ce type de fidélité aux marques locales qui se construit sur des décennies. Pour PBL, cette entreprise représentait également un troisième marché important, aux côtés de Maurice et de La Réunion, pour renforcer sa présence à travers la région.
Mais acquérir une entreprise n’est que le début. C’est ensuite que commence le vrai travail.
Pour beaucoup d’entreprises, l’intégration est le moment où une acquisition se complexifie. Le réflexe est souvent d’imposer, de standardiser trop vite, de partir du principe que ce qui fonctionne à la maison fonctionnera ailleurs.
PBL a adopté une approche plus progressive. La première année suite à l’acquisition a été consacrée pour l’essentiel à instaurer la confiance : comprendre l’activité de SeyBrew, travailler avec son équipe et prendre le temps d’apprendre avant d’agir. « Nous sommes arrivés avec humilité, sans mode d’emploi tout fait », explique Bernard Theys, Directeur général.
À partir de la deuxième année, PBL entend développer des synergies plus tangibles dans des domaines tels que les achats, l’expertise technique et les meilleures pratiques commerciales.
Pour PBL, une question centrale est de déterminer ce qui doit être standardisé et ce qui reste local. Les processus, les cadres de gouvernance, les normes de sécurité, les systèmes financiers – soit l’architecture d’une entreprise – ont tout à gagner à s’aligner. L’identité de marque, le marketing, les formules produits et les relations avec les communautés – soit ce que le consommateur voit et ressent concrètement – restent en revanche intentionnellement locaux et proches de leur propre marché.
Opérer sur plusieurs marchés est également une source d’opportunités. Les prévisions partagées et les achats groupés peuvent contribuer à réduire les coûts. Les enseignements commerciaux peuvent être partagés entre les équipes plutôt que construits séparément dans chaque pays. Des pipelines d’innovation coordonnés accélèrent la mise sur le marché de nouveaux produits. Et un cadre de mobilité des talents offrant des parcours de carrière régionaux plutôt que limités à une seule île fait de PBL un employeur plus attractif et plus résilient.
À cela s’ajoute le partenariat avec The Coca-Cola Company, opérationnalisé à travers Edena Boissons. Sa portée va bien au-delà des volumes. Il ancre le portefeuille de PBL autour de la marque de boissons la plus reconnue au monde, optimise l’utilisation des infrastructures de production et de distribution, et renforce la crédibilité de PBL auprès des partenaires internationaux. Le groupe PBL se positionne désormais comme un opérateur régional capable d’intervenir sur plusieurs marchés, plutôt que comme un ensemble d’entreprises locales.
La proximité culturelle peut elle aussi induire en erreur. « L’idée que les îles voisines se ressemblent naturellement est tout simplement fausse. Chacune a son propre rythme, ses codes de communication, et sa définition du professionnalisme et de l’appartenance », explique Patrice Sheik Bajeet, Senior Manager Marketing. Reconnaître ces différences, plutôt que de s’appuyer sur une vague « culture insulaire », est primordial.
Cette acquisition révèle une entreprise qui a intériorisé une idée trompeusement simple : une croissance durable se construit sur la confiance. Tout le reste (synergies, intégration, performance) s’accélère lorsque les équipes croient sincèrement au partenariat.
Artist
Né en Malaisie en 1937, Michael Adams a étudié l’art en Angleterre avant de fonder le département de design graphique de l’université Makerere, en Ouganda, puis de s’établir comme artiste indépendant en Afrique de l’Est. Artiste de renommée internationale, il a exposé dans de nombreux pays et réalisé un large éventail de commandes artistiques. Son œuvre est profondément inspirée par la beauté des Seychelles, où il vit depuis 1972. En 2001, il a été nommé membre de l’Ordre de l’Empire britannique (MBE) pour sa contribution au monde des arts.
Cet article est illustré d’œuvres représentant l’usine Seybrew, qu’il a créées dans les années 1970 et qui ont été acquises par la suite par Seybrew.
Découvrez-en davantage sur son univers créatif: www.michaeladamsart.com
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